lundi 29 février 2016

Empathie ou compassion...de quoi est-il question ?

Suite à la citation de Christian Bobin que j'ai postée ce matin sur ma page Facebook, (je vous la redonne pour ceux qui ne vont pas sur Fb : "L'empathie c'est, à la vitesse de l'éclair, sentir ce que l'autre sent et savoir qu'on ne se trompe pas, comme si le cœur bondissait de la poitrine pour se loger dans la poitrine de l'autre."), j'ai eu un échange riche avec Anne, à propos de l'empathie.

J'ai eu envie de poursuivre cette réflexion, car j'avoue que c'est difficile pour moi de à la fois trouver la juste attitude à avoir lorsque j'écoute une personne qui se confie à moi et qui est en souffrance, et à la fois comprendre la différentiation que certains font entre compassion et empathie.

J'ai d'ailleurs aussi posté, en complément, deux articles de Mathieu Ricard qui a réfléchi à cette question. Il y parle de l'empathie comme étant épuisant pour celui qui écoute et qui accompagne...notamment parmi le monde des soignants, ainsi que de la compassion qui pour les boudhistes, représente la présence à celui qui souffre sans s'épuiser...

Un troisième article, trouvé par Anne dans le Huffigton Post, et rédigé par Serge Tisseron, revient sur cette différentiation de propos...et se montre très critique à son égard. Il pense qu'il y a une inversion du sens des mots, entre les boudhistes et les autres, reprenant même la définition du mot compassion, dans le Petit Robert : "sentiment qui porte à plaindre et partager les maux d'autrui"...

Je ne souhaite pas rentrer dans une polémique entre quel est celui qui de Mathieu Ricard ou de Serge Tisseron, aurait tort ou raison... J'ai le sentiment que cela ne m'aiderait pas aujourd'hui dans ma réflexion. Je vais plutôt essayer d'éclaircir ce que je ressens à ce propos.

J'ai appris, il y a longtemps...que compassion signifiait : souffrir avec, trouvant son origine dans le latin : "cum patior". Et l'empathie était la capacité que j'ai à me mettre à la place d'autrui. Les deux me semblent porter en elles le risque de se mélanger à l'autre et de s'épuiser à force de le comprendre et de l'accompagner dans sa souffrance.

Compassion et empathie, intimement mélangés...car pouvant parler toutes les deux de cette façon de se confondre à l'autre, de se confondre aux autres... Bien sûr cela parle aussi, de cette capacité particulière qu'ont certains, de savoir écouter, entendre son semblable dans sa douleur...d'un don qu'il met au service de la communauté... Et cette partie là est magnifique... Mais si je ne trouve pas la bonne distance...je ne tiens pas toute une vie comme cela, je m'y perds et je perds ma capacité d'aide de mon prochain...

Cela parle du monde des soignants, que j'évoque au-dessus...mais cela parle aussi du parent qui s'épuise pour ses enfants...de toute personne qui bascule dans le trop d'accompagnement, dans le trop mélangé, dans le trop donné...

S'aimer sans se confondre, être empathique ou compatissant sans se mélanger... Un vaste, vaste programme...en tous cas pour moi... 

Je continuerai durant la semaine sur ce sujet, car je souhaite poursuivre ma réflexion sur des pistes pour sortir de ce mélange confusionnel et énergivore...








jeudi 25 février 2016

Nos relations..nos miroirs...

"La relation à l'autre nous offre de formidables occasions de découvrir des vérités essentielles, notre personnalité profonde, nos peurs, la nature de notre pouvoir et le sens de l'amour authentique." Elisabeth KÜBLER-ROSS 

Voici la citation que j'ai postée ce matin sur ma page Facebook, qui a donné lieu à un petit échange avec une de mes fidèles cheminantes... Merci à elle, car cela m'a donné envie d'en faire le thème de mon billet de ce soir...

Être en relation est à mon avis indispensable, et porte en soi à la fois le merveilleux et le difficile... En effet, les humains sont des êtres de relation, et celle-ci leur est nécessaire. Il est des relations faciles, il en est d'autres qui font souffrir...

Il me semble intéressant, d'utiliser mes réactions afin de comprendre, qu'elles m'en disent énormément...si ce n'est tout...sur les lieux où je vais pouvoir progresser. Tout est occasion pour moi, de faire un exercice. Et faire un exercice c'est comprendre pourquoi je réagis de telle ou telle façon aux critiques comme aux compliments...

Cela me semble être la clé d'un juste rapport à mon ego, en le maintenant à sa place, et non en lui donnant toute la place.

C'est mon petit moi qui se gonfle sous les compliments...et s'effondre sous les critiques... En le comprenant, je peux aller à la rencontre de mon moi profond, que rien ne peut atteindre, qui peut se sentir en sécurité quel que soit le lieu où il se trouve. 

Elisabeth Kubler-Ross nous parle de vérités essentielles concernant notamment notre personnalité profonde.... Faire face à nos ombres et nos lumières.. En effet, lorsque nous complimentons quelqu'un, c'est que nous avons aussi en nous ce que nous admirons chez l'autre... C'est peut-être à l'état de chrysalide...mais n'oublions pas que avec le temps...la chenille se transforme en papillon...

Lorsque je réagis fortement à une critique, c'est qu'au fond de moi j'y crois quelque peu. Si je n'y adhérais pas cela glisserait sur moi comme l'eau de pluie sur les plumes d'un canard... C'est cette croyance qu'il me faut travailler... Me libérer du regard de l'autre commence par me libérer de mon propre regard, celui qui me juge, celui qui me condamne... Car c'est lui qui adhère aux propos que l'autre a proféré à mon encontre.

Il ne s'agit pas de porter un regard "Bisounours" sur moi...je peux me connaître en acceptant mes imperfections... Il s'agit de progresser...de travailler sans cesse sur moi... Ma croyance est que nous avons à travailler sur nous-mêmes tout au long de nos vies...que c'est comme cela que nous pouvons avancer vers plus de paix intérieure...qui forcément rejaillira sur l'extérieur...

Découvrir la nature de mon pouvoir comme le propose Elisabeth Kubler-Ross, je l'entends comme étant la possibilité d'exercer mon pouvoir pour changer ce qui me cause des souffrances...et je l'entends aussi comme mon pouvoir pour changer mon propre regard sur l'autre...mais en fait ce dernier découle du premier... 

Et alors je suis persuadée que je pourrais rencontrer cet amour authentique pour moi...et pour tous ceux que la vie me mettra sur mon chemin...

Bon ! Lady Bibi va reposer son cerveau...car cela a carburé dur !!! Douce nuit mes cher(e)s Ami(e)s cheminant. 



mercredi 24 février 2016

Victime or not victime...that is the question !

Se penser victime à longueur de temps doit nous poser question... En effet, c'est se maintenir dans un état qui nous empêche de devenir acteur de nos vies. Il y a souvent à l'origine, une histoire de construction de personnalité dans l'enfance, face aux souffrances vécues alors... 

Ma réflexion de ce jour portera non pas sur l'origine de cet état que certains d'entre nous prennent, mais plutôt sur la nécessité de prendre conscience lorsque l'on se met systématiquement dans cette position, et que cela ne nous aide pas à nous sentir heureux.

Je dis toujours que le premier pas, énorme à faire...est de prendre conscience... Lorsque nous réalisons que la source de notre mal-être, provient d'une place dans laquelle on se met très souvent...alors nous pouvons travailler dessus. 

Une question que l'on peut se poser, est de se demander si nous observons une répétition dans notre ressenti. Si nous nous répétons : personne ne m'aime...je suis toujours le dindon de la farce...c'est toujours moi qui...c'est la faute à...etc... 

Tout ceci sont des signes qui nous disent : je prends la position d'une victime dans ma vie. Et lorsqu'on se maintient dans cette position, on ne monte pas dans le train de notre vie...on reste sur le quai...

Il est temps alors de se dire : ai-je envie de rester au bord de ma vie, ou ai-je envie de prendre les rennes ? Bien sûr on veut être maître à notre bord. Pour cela il faut se dire que lorsque nous étions enfant, nous ne pouvions nous échapper de notre famille... Par contre aujourd'hui que nous sommes adultes...rien ne peut nous être imposé...

Nous avons toujours le choix. Mais en sommes nous si sûrs ? Souvent il me semble, nous sommes persuadés que nous n'avons pas le choix... Ou nos choix de vie nous ont piégés dans des engagements divers et variés...et nous les subissons.

Peut-être pouvons-nous nous poser les bonnes questions, faire des vrais choix...et les assumer plutôt que de nous victimiser nous-mêmes en pensant que c'est la faute à X ou Y... Nous avons bien plus de latitude dans nos choix que nous le pensons.

Alors hauts les coeurs, et soyons les conducteurs avisés de nos vie...pour aller vers la joie imprenable qui est toujours au coeur de chacune et de chacun.







 

vendredi 19 février 2016

Travailler sans relâche...sur mes pensées !

Travailler sur mes pensées, est, me semble-t-il, le meilleur chemin pour avancer dans sa vie. Les observer et ne plus suivre celles qui nous font souffrir, demande d'être persévérant et courageux... En effet, ce n'est pas chose aisée...

Je vous en ai souvent parlé, et j'y reviendrai encore, et encore...car je pense que c'est un sûr moyen de sortir du chemin de nos peurs ankylosantes... The Work de Byron Katie m'est un outil plus que précieux. Je l'utilise comme une grille de lecture de mes pensées. 
 
Le retournement que cela me fait opérer...peut être une porte de sortie, lorsque je vois que je vais rentrer dans un ressassement que je connais...et j'ai ainsi un moyen très concret, pour en sortir très vite. C'est un outil que je qualifie de comportemental, car il me guide de façon précise, lorsque le mental prend trop de pouvoir sur moi.

Mon mental, mon ego...deux tyrans que j'apprends à apprivoiser pour essayer d'en garder l'utile et en rejeter l'inutile, c'est à dire le côté pompe à énergie négative... 

Byron Katie dit : "Une pensée est inoffensive jusqu’à ce que nous la croyions. Ce ne sont pas nos pensées, mais l’attachement à nos pensées qui cause la souffrance. S’attacher à une pensée, c’est croire qu’elle est vraie, sans la remettre en question. Une croyance est une pensée à laquelle nous sommes attachés, souvent depuis des années."

S'interroger sans cesse sur nos pensées c'est se poser la question : est-ce que cette pensée est vraie ? Et d'ailleurs dans The Work les deux premières questions insistent la dessus...ce n'est pas pour rien !

Interrogeons nous sans relâche et nous changerons notre monde intérieur. En changeant celui-ci, notre regard sur le monde extérieur changera...et plus nous serons nombreux, et plus nous pourrons agir pour un monde meilleur... Notre regard sur l'autre changera...et nous aurons de moins en moins de peurs...j'en suis certaine !

Joli et doux week-end mes cher(e)s Ami(e)s cheminant, et à la semaine prochaine !





jeudi 18 février 2016

Le regard de l'autre...

Je m'observe au milieu de mes congénères voyageurs comme moi en cette journée... Je me surprends à me préoccuper du regard que quelques uns ont posé sur moi.. Et oui...je débusque le pouvoir que je pourrais alors donner à mon interprétation de ces regards. 

Mes pensées viennent...c'est normal ! Et quand je suis en situation suffisamment confortable, je peux prendre de la distance...m'apercevoir du piège qui se déploie sous mes yeux...et le choix surgit alors...  Le suivre ou le renvoyer d'une chiquenaude !

J'ai pris le temps de décoder d'abord... Quel est mon filtre qui se met en place quand j'interprète ces regards ? C'est un excellent exercice pour me permettre de comprendre ce que j'ai à travailler...

Celui qui s'est mis en place en premier, fut celui de qu'est-ce qu'on va penser de moi ? Ensuite je me suis demandée : mais de quoi as-tu peur ? Quelles pensées de l'autre sur toi, te blessent le plus ? La honte, le mépris...sont celles qui me viennent d'emblée... Je n'ai pas encore tout compris... Je n'ai pas encore tout dépassé...

Ce que je veux dire par là, c'est que j'ai fait le premier pas qui est la prise de conscience. Ensuite ai-je envie de trouver le sens...je crois que j'en sais assez sur mon histoire, pour comprendre qu'il y a du transgénérationnel, qui comme une flèche lancée d'un arc...a traversé le temps ! Puis-je l'arrêter pour cesser la transmission ? Je ne sais pas, je fais du mieux que je peux, en travaillant au maximum mes névroses pour arriver...un tant soit peu...à en transmettre le moins possible aux générations suivantes...

Par contre ce que je peux faire c'est dialoguer avec cette petite voix qui me dit : tu n'as pas honte... Ou encore avec celle qui me dit : mais d'où sors-tu...sur un ton méprisant... Et aussi, ma petite voix paranoïaque qui peut surgir en me disant : mais qu'est-ce qu'il me veut ? Ces voix ne sont pas réelles ! Elles ne sont que le transfuge de mes propres pensées. En effet, elles ne parlent que de moi ! 

Ce dont je me rends compte, c'est qu'une fois que je m'en aperçois...le discours intérieur change. Il devient bien plus humble ! Il s'éloigne de la tyrannie de mon ego ! Je me vois si insignifiante, si petite...non pas vers le versant "je m'écrase", mais plutôt celui de : le regard de l'autre ne s'attarde pas...il passe... Il n'a aucun pouvoir sur toi...que celui que tu vas lui accorder... Donc toi aussi passe...

Et si je vois un sourire, si je souris...un instant de contact s'est fait et parfois un échange peut avoir lieu... Et alors que se passe-t-il ? Un pur cadeau de l'instant, un cadeau de la rencontre du moment ! Et je cueille, je savoure, n'exigeant rien d'autre...être là et juste là ! Cela m'est arrivé de si nombreuses fois, que je me trouve chanceuse ! Gratitude !  












mercredi 17 février 2016

Un point de vue...un regard...

Nous échangions avec une amie, sur notre regard porté sur le monde... Et nous nous expliquions mutuellement avec nos filtres personnels, avec nos croyances personnelles...notre vision du monde...

Tantôt l'une de nous parlait de la dureté de celui-ci...tantôt l'autre reprenait par "oui mais" il y a tel article, tel livre...qui nous montre que les violences ont diminué au fil du temps... Nous cherchions à vraiment nous écouter, tout en essayant de défendre notre point de vue...

C'est jolie cette expression : point de vue... On est à un point et on raconte ce qu'on voit... Ce point n'est qu'un point...parmi tous les points... On peut le situer sur le plan géographique...et on sait bien que suivant où nous sommes...ce que nous allons décrire ne sera pas le même d'un point à l'autre...

Si je suis sensible aux couleurs...c'est de cela dont je parlerai. Si je suis sensible aux sons...c'est eux que j'évoquerai... Si je suis sensible aux odeurs...j'en tiendrai compte dans mon partage du moment... Ainsi de suite ! 

C'est la même chose concernant un échange sur la façon de regarder le monde. Cela relève d'une sensibilité. Puis nous y avons ajouter nos croyances élaborées au fur et à mesure de nos expériences de vie. Elles sont nos couleurs personnelles que nous posons devant notre regard. 

Le savoir permet de ne pas chercher à convertir l'autre... On se parle, on échange, on comprend qu'à travers ces mots...on partage à l'autre plus sur nos filtres que sur une quelconque réalité des choses... 

C'est très libérant de ne pas tant chercher à convaincre que de s'ouvrir au monde de l'autre... C'est d'une richesse inouïe et je remercie mon amie de m'avoir elle aussi accueillie avec mes filtres...mes croyances... Gratitude ! 



lundi 15 février 2016

Consentir à tout...dans la vie ?!?!

Être dans le mouvement de la vie... Danser ma vie à tout moment... Ne rien refuser de ce que la vie me présente... Regarder en arrière et se dire que l'on accepte de re-traverser tout ce qu'on a vécu...sans rien refuser...comme nous le propose Frédéric Lenoir à la fin de l'émission d'hier des Racines du Ciel, lorsqu'il évoque Nietzsche...

En voici une citation : « Ma formule pour ce qu'il y a de grand dans l'homme est amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles. Ne pas se contenter de supporter l'inéluctable, et encore moins se le dissimuler - tout idéalisme est une manière de se mentir devant l'inéluctable -, mais l’aimer. » Nietzsche, Ecce homo

Cela me bouscule...cela me donne matière à penser... Tout ceci se découvre à moi, petit à petit...et j'avoue ne pas y avoir réfléchi de cette façon là... Je me dis que puisque j'ai réussi à surmonter et vivre tout ce que j'ai vécu, et que cela constitue la femme que je suis aujourd'hui...donc je pourrai dire oui... 

Et en même temps une petite voix en moi me murmure...j'ai aussi si souvent refusé le réel...vitupéré, tempêté, ressassant mes dénis de la tangibilité de mon vécu...que je ne sais pas si je pourrai dire oui...

D'un côté je reconnais la force que j'ai eu à pouvoir vivre ma vie jusqu'à maintenant et en même temps...sur le moment je reconnais aussi mes refus de l'instant... Comme un refus d'obstacle ! 

Par contre aujourd'hui je perçois la détente apportée si je consens à tout dans la vie... Les peurs s'évanouissent... La crainte d'un futur chargé de ses douleurs, de ses souffrances...inhérentes au fait de vivre...s'envolent alors de mon présent ! 

Bon ! C'est une réflexion en cours, que je vous livre... Un certain chemin, si ce n'est un chemin certain reste à faire... Donc en avant Lady Bibi...compagne si fidèle de ce cheminement...je compte sur toi !