lundi 14 mars 2016

Être dans l'être...pas plus...pas moins...

Je marchais tout à l'heure, et j'ai ralentis mon pas pour simplement être dans l'Être... Je prenais conscience que je pouvais effectuer mon trajet en étant présente...levant mes yeux vers le ciel...si bleu de ce jour...laissant le soleil me réchauffer le visage...

Puis mon regard a balayé doucement ce qui était autour de moi, et je me suis émerveillée devant un fleuve de jonquilles, d'un jaune tirant du très clair...et allant jusqu'à l'or...  Certaines étaient très épanouies...d'autres étaient à peine écloses...et d'autres encore, étaient en devenir, à l'état de bouton... 

Chacune était tout simplement... Leur appel étant simplement d'être... Chaque année, quoiqu'il arrive, elles pointent le bout de leur nez... Pas de concurrence, pas de compétition...elles sont là... Elles sortent, à leur rythme...

Pouvons-nous nous imaginer, comme elles ? Difficile ! On est tellement vite rattrapé par la vitesse...le stress de nos vies...et pourtant...respirer, ralentir le pas pour savourer l'instant...et la vie est si pleine alors ! 

Comme dans le texte que j'ai publié hier soir sur ma page Facebook, de Psychanalyse Jungienne, je reprends à mon compte la litanie des "quand j'aurai"..."alors je pourrai me poser"... Mais cela n'arrive jamais... C'est ce que j'ai aujourd'hui qui existe vraiment... C'est dans cet aujourd'hui que j'ai tout... Il ne me sera pas donné autre chose dans l'avenir...

Je ferme les yeux et je suis dans l'Être...ce qui est mon moi profond... Je n'ai pas à courir ailleurs... Curieusement, les moments où dans ma vie j'ai commencé à le comprendre, furent des moments d'immobilisation totale où mon corps avait déclaré forfait... Un des grands enseignements de mon existence...

Je ne pouvais rien faire...et j'étais pleinement vivante...présente à cet instant...dont le précieux me sautait alors aux yeux... Il m'a fallu entendre la leçon à de nombreuses reprises... 

Pour conclure, comme le dit si bien Jung :  « Ceux qui n'apprennent rien des faits désagréables de leurs vies, forcent la conscience cosmique à les reproduire autant de fois que nécessaire, pour apprendre ce qu'enseigne le drame de ce qui est arrivé. Ce que tu nies te soumet. Ce que tu acceptes te transforme. »



vendredi 11 mars 2016

Mes émotions... Mes besoins... Comment les nommer ? Que puis-je en faire ?

Je suis en train d'utiliser un exercice que la vie m'envoie, pour augmenter mon vocabulaire des émotions et aussi celui de mes besoins. Je cherche à les exprimer en disant "Je"...et à la fois "Je" rame...

Pour vous dire en deux mots la situation dont je parle et qui va me servir d'illustration de ce billet, ce soir : je viens d'essuyer un refus face à une proposition de venue d'un conférencier faite à un groupe organisateur. 

Dans cette situation je me sens déçue, attristée, désemparée, démobilisée, impuissante, seule, dépitée, mal à l'aise, contrariée, crispée, frustrée, désillusionnée... Je me rends compte que ces émotions parlent essentiellement de colère et de tristesse. Donc je reconnais et j'accepte que dans cette situation je me sens en colère et triste à la fois. 

Quel est le besoin qui n'est pas nourri ? Probablement mes besoins d'acceptation, d'authenticité, d'accueil, d'appartenance, de compréhension, de contribution à la vie, de douceur, de délicatesse, d'égalité, de flexibilité, d'ouverture, de partage...ne sont pas respectés. Ce sont donc essentiellement des besoins relationnels. 

En résumé, dans ma vie je peux avoir des besoins relationnels non comblés qui produisent chez moi des émotions de colère et de tristesse.

Et bien dans un premier temps je vais recevoir cette part de moi qui ressent cela. Elle a le droit d'exister, de se manifester à moi... Je lui laisse la place pour "être" tout simplement !  

Et maintenant que vais-je faire...comme dirait la chanson ! Mon besoin relationnel a besoin d'être satisfait. Je vais avoir différentes solutions que je peux imaginer pour les combler autrement. Je n'ai pas que ce lieu de réunion, pour le faire... Je peux aller le chercher dans un autre groupe. Je peux aller le nourrir par un coup de fil à une amie. Je peux échanger sur skype ou sur internet avec une amie qui partage le même parcours que moi...etc...etc... Mes solutions pour répondre à ce besoin peuvent être infinies... À moi de choisir celle qui va correspondre à mon désir du moment. 

C'est ce que j'ai fait...et le soufflet de ma tristesse et de ma colère sont retombés. Pour autant les signaux que mes émotions m'ont envoyées, m'ont appris encore des choses sur moi... Je peux m'y montrer attentive encore plus à l'avenir et savoir qu'elles m'envoient des clignotants, que un ou plusieurs de mes besoins ne sont pas comblés. Je souhaite y arriver de plus en plus in situ, pour pouvoir l'exprimer dans le respect de l'autre et de moi...

Joli et doux week-end mes cher(e)s Ami(e)s cheminant et à la semaine prochaine.



jeudi 10 mars 2016

Chacun porte son univers dans son coeur...

"L'homme voit dans le monde ce qu'il porte dans son coeur" disait Goethe. Cette citation résonne en moi ! Je vois le monde à travers mes filtres, ceux que je porte en moi ! Mon éducation, l'histoire de ma famille, l'époque où je suis née... Tout ceci a construit mes croyances d'aujourd'hui...

Je porte dans mon coeur ce qui va construire mon regard autour de moi... Si j'ai dans mon coeur du ressentiment, si j'ai du jugement continuel ou au contraire si j'ai de la bienveillance, du non-jugement...cela va colorer ma vision du monde...

J'ai donc le choix de mettre dans mon coeur le type de regard que je veux poser sur le monde... Mon coeur est habité par mes pensées et je peux choisir celles-ci ! 

La légende amérindienne des deux loups me revient... Lequel vais-je choisir d'alimenter ? Lequel vais-je laisser entrer dans mon coeur ? Celui que je vais laisser entrer m'apportera la façon dont je vais regarder le monde...

Là est ma liberté, entière et totale ! J'ai toujours le choix ! Un autre conte me revient à l'esprit que je vous partage en guise de conclusion :

Commensonlegen?
"Il était une fois un vieil homme assis à l'entrée d'une ville du Moyen-Orient.

Un jeune homme s'approcha et lui dit : 
- Je ne suis jamais venu ici ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit par une question : 
- Comment étaient les gens dans la ville d'où tu viens ? 
- Egoïstes et méchants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais bien content de partir, dit le jeune homme.

Le vieillard répondit: 
- Tu trouveras les mêmes gens ici.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approcha et lui posa exactement la même question. 
- Je viens d'arriver dans la région ; comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieille homme répondit de même : 
- Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d'où tu viens ? 
- Ils étaient bons et accueillants, honnêtes; j'y avais de bons amis; j'ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme. 
- Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s'adressa au vieillard sur un ton de reproche : 
- Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? 
- Celui qui ouvre son coeur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun porte son univers dans son coeur."

Ma page Facebook : J'arrête de me juger : 
https://www.facebook.com/pages/Jarr%C3%AAte-de-me-juger/634289229988133

mercredi 9 mars 2016

À propos de l'hypersensibilité...

Ce matin j'ai posté, sur ma page Facebook, un article sur l'hypersensibilité. Nous sommes quelques uns à nous reconnaitre dans la description des personnes dotées d'hypersensibilité. Ce n'est qu'une caractéristique d'un type de personnalité, qui n'a rien ni d'inférieur, ni de supérieur à une autre...

Cette douance possède à la fois ses côtés positifs, et ses côtés plus douloureux. En effet cela me permet de ressentir beaucoup de joie en présence d'un arbre dans la nature qui va m'émerveiller...ou encore en face d'un tableau qui va me toucher particulièrement...et aussi devant un ciel dont les couleurs vont m'enchanter... 

Dans mes relations sociales, cela me donne une capacité à être dans une empathie certaine, avec mes semblables... Par contre en même temps, un côté plus douloureux peut se manifester, qui est de capter fortement les douleurs de l'autre...

J'ai le sentiment que toutes ces belles sensations sont décuplées... Et cela m'a demandé d'apprendre à le gérer. J'apprends à nommer ce que je ressens comme émotions, j'apprends aussi à voir quel est le besoin auquel je dois prêter attention pour ne pas m'oublier... Et en même temps, je souhaite aussi garder ma capacité qui m'est propre à travers cette hyper sensibilité...

Toujours jongler pour chercher et trouver le bon équilibre pour moi. Quitter les extrêmes pour aller vers plus d'ambivalence...c'est toujours le même secret que je dois m'appliquer encore et encore...

Chacun(e) de nous porte en lui des douances qui lui sont particulières, qu'il ou elle va apprendre à reconnaître, apprivoiser et utiliser à bon escient...pour lui (elle) et pour les mettre au service de ses semblables. Ceci est ma croyance profonde. Je vous invite toujours à chercher quelles sont les vôtres, celles qui vous procurent le plus de vie dans vos vies... 

En sororité et fraternité de cheminement mes cher(e)s Ami(e)s cheminant ! 




jeudi 3 mars 2016

Suite à la citation de Paul Ferrini sur le fait que lorsque tu juges l'autre, cela parle en miroir de ce que tu juges chez toi...

Un échange très intéressant vient d'avoir lieu à propos de la citation que j'ai postée ce matin sur ma page Facebook "J'arrête de me juger" :  "Chaque jugement que tu émets sur les autres indique très spécifiquement ce que tu hais ou ne peut accepter à ton propre sujet. Tu ne hais jamais une personne à moins qu'elle ne te rappelle une partie de toi-même." de Paul Ferrini.

C'est pour moi l'occasion de prolonger la réflexion entamée. Il a été évoqué des situations extrêmes où j'ai été interpellée à propos de la haine. On m'a demandé : comment ne pas haïr des pédophiles ou des meurtriers d'enfants...et en quoi pourraient-ils me rappeler une partie de moi-même...

J'avoue que commencer la réflexion sur des cas aussi durs...m'est très difficile. Je souhaite plutôt faire référence pour commencer, à des situations récurrentes dans notre petit quotidien. 

Si je reprends la première partie de la citation, celle-ci me parle beaucoup. En effet, je me suis aperçue que chaque fois que j'émets un jugement sur quelqu'un...et c'est encore plus flagrant lorsque celui-ci est dur...je me rends compte aujourd'hui, que cela m'interpelle sur ce que je n'aime pas en moi... 

Je vais prendre un exemple : je suis très réactive...et j'ai très longtemps haï l'égoïsme chez l'autre. L'écho que j'y avais trouvé...c'est que comme j'ai surdéveloppé mon écoute des besoins chez l'autre...j'en ai oublié d'écouter les miens... La part de moi qui hais les attitudes égoïstes chez l'autre...peut reconnaître l'égoïsme chez l'autre...parce que je sais en moi ce que c'est... Ma partie qui juge...est celle qui bondit pour chasser tout égoïsme chez moi...au point de m'épuiser jusqu'au burn-out ! Et c'est celle-là qui sur-réagit en critiquant l'autre sur son égoïsme... Je sais ce que c'est d'être égoïste et probablement qu'une part en moi envie chez l'autre cette capacité à pouvoir être égoïste et s'occuper de lui... 

Mes émotions ressenties...ont toujours à voir avec mon histoire et comment je me suis construite. Elles me sont propres, un peu comme mon ADN... Un(e) autre face au même évènement...n'aura souvent pas la même réaction. Si il a la même, je m'aperçois en échangeant avec lui, que nous avons des éléments communs dans notre histoire...qui nous ont construit dans du même...et de temps cela me fait du bien d'échanger dessus avec ceux qui vont réagir comme moi...

Concernant les situations de pédophilies et de meurtres d'enfant...je chemine... Je suis en grande difficultés concernant ces personnes... J'ai eu à en côtoyer dans mon métier, à accompagner de nombreuses victimes... Ce qui me vient aujourd'hui, c'est mon regard qui sépare l'acte de la personne... Les actes ne sont ni excusables, ni justifiables en quoique ce soit... Ils sont à condamner absolument et le tribunal de justice est là pour cela. 

Ma question reste face aux personnes, à ceux qui ont commis ces actes répréhensibles... Ce que je me dis aujourd'hui, c'est que si je vois certains êtres humains comme des non-humains...je risque de prendre le chemin de la dureté, du non-amour et je ne contribue pas à alimenter notre univers d'énergie de vie... Comme me le rappelait Joan dans l'échange sur Facebook, Olivier Clerc en parle très bien dans son livre : "Peut-on tout pardonner ?" à propos du "Nuage Noir". Je crois comme lui que plus nous serons nombreux à quitter l'énergie négative de la haine, du ressenti...plus nous alimenterons un Nuage positif et collectif qu'il nomme : égrégore... 

Maintenant en quoi cet autre qui a commis ces actes terribles et monstrueux...est-il mon reflet ? Ceci ne va engager que moi : je pense que plus ma haine et mon ressenti vis à vis de ces personnes est fort...plus il parle de mes forces obscures en moi que je refuse de voir et qui vont m'envahir en ressassant la haine de l'autre pour ce qu'il a fait... Il me semble alors que cette haine que j'ai m'empoisonne moi...qu'elle n'aide personne et qu'elle ne fera pas revenir ceux qui sont mort aussi dramatiquement...

Je choisis de travailler sur ce que cela révèle de moi pour combattre la haine en moi...car je me souhaite une vie où la haine ne fera plus partie de moi...pour la remplacer par des forces de vie comme aimer, aimer ceux qui me sont proches, aimer ceux qui me sont loin...aimer...toujours aimer...et ce n'est vraiment pas facile ! 





mercredi 2 mars 2016

Besoin d'un temps méditatif...

Après la réflexion que je partage avec vous depuis le début de la semaine, sur l'empathie et la compassion...vient pour moi le temps d'une pause pour être gratuitement là...et juste là...

Ceci vient en écho à une méditation entendue dans une émission de l'INREES, et guidée par Fabrice Midal. Celui-ci donnait une définition de la méditation comme un moment de gratuité. Cela m'avait fait un bien fou...

Cesser d'être aux aguets, baisser les armes... Arrêter d'aider, d'écouter, d'encourager...pour être gratuitement avec moi-même, sans exigences, sans attentes... Une vraie bouffée d'oxygène ! 

Que c'est dur pour moi...en ce moment ! Je fuis mes temps de méditation...si précieux...pour faire...agir...au détriment de l'être... Et je m'essouffle... Il devient urgent pour moi de m'accorder ce temps...

Méditer pour moi, est un temps de respiration, une pause cadeau que je m'offre sans rien en attendre. C'est un temps où "je dépose bagage" comme le dit si bien Nicole Bordeleau. Un temps où je romps avec le rythme effréné de la ville autour de moi...un moment où je suis seule en ma présence...

Je dis bien en ma présence...car c'est ce que je trouve de plus dur... Rester en ma présence et ne pas fuir.... Revenir à moi, une fois, deux fois...cent fois...mille fois...sans jamais me juger...en m'accueillant telle qu'elle...là où j'en suis dans mon aujourd'hui...

Je pense que c'est ce qui est indispensable à notre monde : que chacun(e) apprenne à être une bonne compagnie pour lui-même...à ralentir le pas...à savourer l'instant... C'est profondément çà La Vie... à mon avis...



mardi 1 mars 2016

Empathie ou compassion... Aider et aimer sans se mélanger... Comment faire ?

Je reviens sur ma réflexion entamée lundi, concernant l'empathie et la compassion. Pour moi, c'est du pareil au même ! Je veux dire par là que les deux portent en elles le risque du mélange et donc de l'épuisement...

Il me semble qu'il est juste de garder le bon côté que portent en eux les personnes douées d'empathie et de compassion. Cette capacité est une douance chez certains, mais chacun(e) l'a aussi en soi à différents niveaux...et on peut la cultiver pour la faire grandir. C'est d'ailleurs entre autre, ce dont il est question dans le film, que j'ai beaucoup aimé, et qui est passé sur Arte, le vendredi 26 février  : "Vers un monde altruiste". 

Méditer est la solution essentielle proposée dans ce reportage, pour éviter l'épuisement et le burn-out lorsqu'on est trop mélangé à l'autre, dans un accompagnement ou une écoute de sa souffrance qu'il est en train de traverser.

Travailler sur le fait d'aimer sans se confondre, est une rude tâche...et je n'ai pas fini d'en parcourir le chemin... J'ai exploré et travaillé les différentes origines de ce pourquoi j'ai tendance à ne pas mettre une juste distance avec mon semblable lorsque celui-ci se confie à moi. Mais cela n'a été que le premier pas. 

En effet cela ne m'apporte pas la solution pour changer... Intellectuellement, j'ai compris... In situ je me vois partir dans ce mélange...le plus dur étant avec un proche... On m'a donné une technique qui est de visualiser l'autre avec une bulle autour de lui, et moi-même dans ma propre bulle. 

J'ai réussi parfois...mais pas à tous les coups... Par contre, dans l'après coup, je me vois. J'essaye d'éliminer tout jugement, de le prendre comme un exercice, et d'y penser en terme de : j'aurais pu être comme ci ou comme cela... C'est pas mal comme technique. 

Si vous avez trouver d'autres techniques, d'autres attitudes...pour aider sans vous confondre, je serais heureuse de vous lire. S'épauler, échanger...fait partie pour moi du cheminement... Je me sens moins seule...et c'est bon !